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Actualité > vision du Burkina sur les NTIC 

D’UNE SOCIETE DE L’INFORMATION
DANS LA REGION AFRIQUE DE L’OUEST

_______

Contribution du Burkina Faso

(Avril 2002)

  • Rappel des objectifs du NEPAD  


L’Afrique est le continent le plus marginalisé et celui où la proportion de la population confrontée à la pauvreté et à la misère est la plus élevée.

Comme le rapport sur le NEPAD l’a si bien souligné, 13% de la population mondiale vit sur ce continent et ne participe au commerce international qu’à hauteur de 1,7%. Plus de la moitié de cette population vit avec moins de 1 $US par jour. Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans sur ce continent est encore de 140 pour 1000 et l’espérance de vie n’est que de 54 ans. Seul 58 % de la population a accès à l’eau potable. Le taux d’alphabétisation des personnes de plus de 15 ans n’est que de 41%. On n’y compte pour le moment que 18 lignes téléphoniques pour mille habitants contre 146 pour mille dans le monde entier et 507 pour mille dans les pays à revenu élevé.

Pourtant, ce continent qui est le berceau de l’humanité et qui a de ce fait contribué à construire l’histoire du monde est de surcroît celui qui est le plus richement doté en ressources naturelles et celui qui participe le plus à l’équilibre de l’environnement grâce à ses forêts tropicales qui constituent un véritable poumon écologique pour la planète. En outre, la diversité de la culture africaine, avec en corollaire sa contribution à la culture de l’humanité n’est plus à démontrer.

Ce paradoxe trouve son explication principalement dans le fait que les effets pervers de la colonisation n’ont pas permis à l’Afrique d’utiliser ses matières premières pour développer une base humaine qualifiée à même de soutenir le développement et la croissance par des industries locales de transformation à forte valeur ajoutée. Pire, cette situation a plutôt engendré la mauvaise gouvernance, à savoir le népotisme, la gabegie, la corruption, les coups d’Etat à répétition et les affrontements armés, annihilant ainsi tous les efforts consentis en faveur du développement à travers le crédit et l’aide au développement, avec comme conséquences majeures la paupérisation du continent et sa marginalisation.

Maintenant que le monde entier vit au rythme de la mondialisation avec une restructuration des relations internationales liée à la chute du mur de Berlin et à la fin de la guerre froide, l’Afrique n’est pas de ce fait bien préparée pour affronter cette nouvelle situation. Ce nouveau contexte offre, certes, des opportunités nouvelles pour acquérir des connaissances et des compétences et pour améliorer l’accès aux marchandises et aux services afin de créer des richesses et d’améliorer la qualité de la vie, mais conduit aussi malheureusement les pays les plus forts à promouvoir leurs intérêts au détriment des plus faibles et à marginaliser ainsi davantage les pays comme ceux d’Afrique, qui n’ont pas encore les moyens objectifs pour être compétitifs. A terme, ceci risque d’accentuer l’exclusion et la pauvreté dans le monde avec comme conséquences le développement de l’instabilité politique, les affrontements armés et les migrations massives aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés. Une vision plus solidaire du monde centrée sur un réel engagement de tous à œuvrer pour l’amélioration du niveau de vie des marginalisés aurait à l’inverse comme conséquences une croissance durable de l’économie mondiale grâce à la création de nouveaux marchés, la réduction de la pauvreté et une plus grande stabilité politique à l’échelle mondiale.

En somme, la viabilité de la mondialisation exige une reconnaissance de l’interdépendance de tous les pays du monde en ce qui concerne l’offre et la demande, la base environnementale qui soutient la planète, la migration transfrontalière, une architecture financière mondiale qui récompense une bonne gestion socioéconomique et une gouvernance mondiale qui reconnaisse un partenariat entre tous les peuples. Vue sous cet angle, la mondialisation pourrait tout particulièrement offrir à l’Afrique le contexte et les moyens de sa modernisation.

D’ores et déjà, on peut noter l’émergence, à la faveur de la mondialisation, de nouveaux concepts liés à la sécurité, au droit au développement, à l’éradication de la pauvreté et à l’universalisation de la culture des droits de l’homme avec une participation des populations à la gestion des biens publics.

Sur le continent, ce renouveau mondial est marqué par un mouvement en faveur d’une plus grande démocratie soutenu par la société civile, par une volonté politique en faveur d’une plus grande intégration économique au niveau régional et continental, et par une amélioration des performances économiques de plusieurs pays. Ceci a amené la communauté internationale à prendre des engagements pour l’accroissement des flux de ressources vers le continent en améliorant les relations dans le domaine de l’aide, du commerce et de la dette entre l’Afrique et le reste du monde, et en augmentant le flux des capitaux privés vers le continent.

Le NEPAD résulte de la volonté politique des chefs d’Etats africains de faire en sorte que cet engagement se traduise en réalités concrètes en tenant compte toutefois du fait que, désormais, il conviendrait que la destinée du continent soit déterminée d’abord par les Africains eux-mêmes. Le NEPAD est de ce fait un nouveau cadre de coopération avec le reste du monde et en particulier avec les pays industrialisés et les organisations multilatérales à l’initiative des africains eux-mêmes. Il a pour objectif ultime de combler le retard qui sépare l’Afrique des pays développés grâce à des investissements massifs.

Pour l’atteinte de cet objectif, les dirigeants africains se sont engagés à assurer ensemble les responsabilités ci-après afin de créer les conditions favorables à un développement durable :

  • Consolider les mécanismes de prévention, de gestion et de résolution des conflits aux niveaux régional et continental et faire en sorte que ces mécanismes soient utilisés pour restaurer et maintenir la paix ;

  • Promouvoir et protéger la démocratie et les droits de l’homme dans leurs pays et leur région en établissant des normes claires de responsabilité, de transparence et de démocratie directe aux niveaux local et national ;

  • Restaurer et maintenir la stabilité macro-économique, en particulier en mettant au point des normes et cibles appropriées en matière de politiques monétaires et budgétaires et en instaurant des cadres institutionnels adéquats pour en assurer la réalisation ;

  • Instaurer des cadres légaux et réglementaires transparents à l’intention des marchés financiers, pour assurer l’audit des compagnies privées comme du secteur public ;

  • Revitaliser et élargir la prestation des services d’enseignement, de formation technique et de santé, en accordant une forte priorité à la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies contagieuses ;

  • Promouvoir le rôle des femmes dans le développement socio-économique en renforçant leurs capacités dans les domaines de l’éducation et de la formation, en développant des activités lucratives grâce à un accès plus facile au crédit et en assurant leur participation à la vie politique et économique des pays d’Afrique ;

  • Renforcer la capacité des Etats à instituer et à faire respecter la législation et à maintenir l’ordre ;

  • Promouvoir le développement des infrastructures, de l’agriculture et de sa diversification vers les agro-industries et les manufactures au service des marchés locaux comme l’exportation.

Pour ce faire, la stratégie sur laquelle repose le NEPAD a retenu comme conditions préalables au développement :

  • la paix, la sécurité, la démocratie et la gouvernance politique ;

  • la gestion économique et la gouvernance des entreprises, en mettant l’accent sur la gestion des fonds publics ;

  • la coopération et l’intégration régionale.

Cette stratégie a en outre retenu comme secteurs prioritaires :

  • les infrastructures ;

  • l’informatique et la télématique ;

  • la mise en valeur des ressources humaines en mettant l’accent sur la santé, l’éducation et le développement des compétences ;

  • l’agriculture ;

  • la promotion de la diversification de la production et des exportations, en mettant l’accent sur les exportations africaines aux marchés des pays industrialisés.

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