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vision du Burkina sur les NTIC
DUNE
SOCIETE DE LINFORMATION
DANS LA REGION AFRIQUE DE LOUEST
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Contribution du
Burkina Faso
(Avril 2002)
En elle-même, la mondialisation nest pas un
phénomène nouveau. Le langage articulé, linvention de lécriture, de
limprimerie, du téléphone, de la radio et de la télévision, le développement du
transport terrestre, maritime, ferroviaire et aérien constituent autant déléments
qui ont commencé depuis la nuit des temps à favoriser progressivement et diversement le
développement des multiples facettes de ce phénomène.
Ce qui est nouveau, cest la dimension qua
pris limpact des nouvelles technologies de linformation et de la communication
sur ce phénomène. Cest en effet la première fois dans lhistoire de
lhumanité quune innovation technologique a réussi en moins dune
décennie à se répandre et à engendrer des bouleversements aussi importants que ceux
que nous vivons aujourdhui.
Limpact des nouvelles technologies de
linformation et de la communication sur la mondialisation est si important
quil nest plus exagéré daffirmer que le siècle qui commence sera
incontestablement celui de la communication et de la culture numérique. Tout comme la
mécanisation a été lélément moteur de la croissance et du développement dans
le processus de transformation des sociétés agricoles en sociétés industrialisées,
dans les mutations actuellement en cours, il ne fait plus de doute que lélément
moteur de la croissance et du développement ne sera ni les ressources naturelles, ni les
marchandises, mais les réseaux de communication et les applications multimédias
interactives qui constituent lassise de la transformation des rapports politiques,
économiques et sociaux existants en société mondiale de linformation.
Malheureusement, comme la souligné la Commission Economique pour lAfrique lors de la 1ère
édition du Forum pour le Développement de lAfrique qui sétait tenue à
Addis Abeba en octobre 1999, «ces technologies de linformation et de la
communication, lère de linformation, les sociétés de la connaissance et
léconomie de linformation se répandent dans tous les aspects de la vie
quotidienne, excepté dans la majeure partie de lAfrique. Ce qui est mondialement
devenu le signe dominant de la société moderne est à peine ressenti en Afrique en
dehors du cercle des élites de quelques capitales
Si ce continent reste à son
stade actuel, avec les plus faibles télé-densités du monde, le plus petit nombre
dordinateurs en comparaison avec les autres régions, isolé de linformation
et du savoir disponibles ailleurs au bout du doigt, il naura aucune chance
dêtre compétitif à léchelle mondiale ». Pire, dans un monde où
lessentiel des transactions de lactivité humaine sopérera sur les
réseaux, quelle que soit leur forme, ce continent risque tout simplement dêtre
coupé du reste du monde faute de disposer dune infrastructure adaptée pour
communiquer, échanger des données et travailler.
Si lobjectif premier du NEPAD est de tirer parti
du contexte de la mondialisation pour réduire labîme qui sépare lAfrique
des pays développés, la mise en place dune infrastructure de communication et
dinformation moderne, capable de favoriser la circulation de linformation à
lintérieur du continent et avec le reste du monde, apparaît de ce fait comme une
condition première. Sans cette condition, il est illusoire denvisager
linversion de la tendance actuelle qui se traduit par une marginalisation de plus en
plus importante du continent.
En outre, les NTIC pouvant
contribuer de manière significative à la valorisation des ressources humaines, au
renforcement de la bonne gouvernance et au développement des
secteurs économiques (production, services et commerce), lappropriation et
la généralisation de lutilisation effective de ces technologies dans chaque pays
africain seront porteuses dopportunités pour les individus, génératrices de
profit et de croissance pour les entreprises et aideront à résoudre en un temps plus
court les principaux problèmes de développement qui se sont révélés jusquici
comme étant de grands défis.
Enfin, les NTIC constituent en
elles-mêmes un secteur économique dont limportance sur léconomie mondiale
ne cesse de croître. De ce fait, un développement de lutilisation massive de
ces technologies sur le continent va entraîner pour les pays du Nord un marché non
négligeable et peut permettre en retour la création dune industrie locale à même
de renforcer la croissance économique des pays africains si ce développement
sappuie sur des sociétés de niveau international, capables de créer des emplois
et dexporter des produits et des services. En somme, les NTIC peuvent permettre de
faire du NEPAD un véritable partenariat, parce que profitable à toutes les parties
prenantes.
Pour toutes ces raisons, lancrage de
lAfrique dans la société de linformation et par voie de conséquence dans la
modernité mérite dêtre considéré comme un objectif central du NEPAD pouvant
permettre à lAfrique non seulement de survivre à la mondialisation, mais aussi de
prospérer. Si cet ancrage est conçu pour accompagner de façon volontariste et pour
renforcer les autres politiques sectorielles, il peut sans aucun doute :
permettre dinverser la tendance actuelle,
servir de levier pour de multiples objectifs
et permettre de sauter des étapes importantes dans le
processus de développement du continent en sappuyant sur un partenariat plus
équilibré avec les pays développés.
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